C’est dans une ville à l’histoire particulière où débute Vu d’Allemagne cette semaine : Chemnitz. Dans cette ville de l’est de l’Allemagne, en région de Saxe, les bâtiments vides ne sont pas rares. Ce sont des anciennes usines, qui n'ont pas survécu au passage de l'économie communiste à l'économie capitaliste. Il y a aussi des immeubles d'habitation délabrés, sans plus personne à l'intérieur.
La ville qui comptait plus de 300.000 habitants avant 1989 en a perdu plus de 60.000 depuis. Ceux qui restent sont majoritairement plus âgés. Chemnitz est la ville allemande à la moyenne d'âge la plus élevée, avec une moyenne autour de 46 ans.
S'il est extrême ici, ce phénomène s'est répété partout dans ce qu'on appelle encore les "neue Bundesländer", les "nouveaux Länder", les anciennes régions de RDA. Environ 800.000 personnes ont quitté ces cinq régions entre 1989 et 1991. Depuis cette période, l'Est a encore perdu 1,2 million d'habitants. Une deuxième vague massive de départs, après celle des mois suivant la chute du mur, a eu lieu dans les années 2000. Les gens sont allés là où il y avait du travail, dans l'Ouest du pays bien souvent.
Un Rückkehrernetzwerk pour aider au retour
Mais depuis peu, les retours se font plus nombreux. Dans ce numéro entièrement consacré à cette question, Vu d'Allemagne prend la route de Wilkau-Haßlau, à côté de la ville de Zwickau. Stefan Leistner, enfant de la région, à la tête d'une imprimerie, raconte pourquoi il a décidé de revenir en Saxe après des années d'expatriation. Vous découvrirez aussi le témoignage d'Andrea Steinert à Marienberg. Elle a aussi effectué son retour aux sources il y a plusieurs années et lancé un réseau d'aide au retour pour ceux qui voudraient faire comme elle.
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Les retours sont d'ailleurs de plus en plus nombreux. "On reçoit des demandes presque tous les jours de personnes intéréssees", détaille dans ce reportage Simon Held, employé du réseau de retour à Chemnitz depuis peu. Le ministère régional de l'Economie ou la Chambre de Commerce et d'Industrie de Dresde (IHK) travaillent aussi sur la question. À l'Institut fédéral de la démographie à Wiesbaden le chercheur Nico Stawarz est même arrivé à des conclusions inédites depuis la réunification l'an dernier en étudiant certaines statistiques...
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