Européennes : l'impact sur la politique migratoire de l'UE
27 mai 2019Naturellement, les très bons scores obtenus par les partis populistes en Hongrie, au Royaume Uni, en France et en Italie ne laissent pas indifférents les communautés africaines vivant dans ces pays. Les eurosceptiques, si on ajoute les partis d'extrême droite aux souverainistes polonais, pourraient ainsi représenter jusqu'à près d'un quart des sièges du parlement européen - soit 173 sièges contre 153 dans l'hémicycle sortant.
Clemens Klutse, député régional de la CDU à Hambourg, estime que les partis traditionnels en Europe ont échoué dans leur travail d'explication des enjeux de l'immigration :
"Les messages véhiculés par les partis populistes ne peuvent pas laisser indifférent quelqu'un comme moi qui est un homme politique. Nous avons une population africaine en Allemagne qui ne fait même pas encore 1% de la population. Mais le message qui était porté par les populistes fait peur aux populations qui ne connaissent pas les faits concrets sur les migrants".
Les Verts jubilent
La politique migratoire a été longtemps au centre de la campagne électorale européenne dans des pays comme l'Italie, la Hongrie ou la Belgique. Mais les élections européennes ont également été marqué par la percée des écologistes, portés par les Verts allemands, le parti de l'Allemande d'origine guinéenne, Pierrette Herzberger-Fofana, qui est élue eurodéputée :
"Nous avons montré que nous sommes clairement contre l'idéologie qui consiste à vouloir revivre l’Allemagne des années 30. C'est pour cela que j'ai appelé la communauté africaine d'abord à s'engager dans les partis politiques démocratiques bien sûr et faire entendre sa voix. Parce que c'est nous qui allons changer. C'est nous qui sommes touchés et si nous ne disons rien, il ne se passera rien."
Les partis pro-européens restent majoritaires
Pour Karamba Diaby, député du parti social-démocrate allemand du SPD, les scores des partis populistes ne doivent pas faire peur aux partis traditionnels qui se battent pour les valeurs qui fondent l'Europe plurielle :
"Les revendications que les partis populistes font vont dans le sens de limiter les droits des personnes et les droits de l'homme ainsi que d'autres thèmes qui sont très importants pour l'identification avec l'Europe et les valeurs de l'Europe qui sont en question. Donc je pense qu'il est important d'insister sur ça malgré les résultats que nous avons actuellement, nous allons continuer à lutter pour les valeurs de l'Europe."
La nouvelle poussée des partis populistes europhobes se heurte pour l'instant à la majorité des pro-européens au sein de l'hémicycle. Mais ces formations populistes — dans un avenir proche — pourraient être en mesure de bloquer les dossiers importants comme celui de l’accueil des migrants au sein de l'Union.