Les négociations sur la Syrie toujours infructueuses
17 octobre 2016
„Le secrétaire d’Etat américain John Kerry aurait pu rester chez lui, estime le quotidien régional de Karlsruhe, Badische Neueste Nachrichten. Les négociations sur la Syrie n’ont pas abouti. Au contraire: avec ces négociations - alibi, le président russe Vladimir Poutine, avec son allié Bachar al Assad, croit pouvoir poursuivre sans scrupules ses bombardements sur Alep …"
Le journal Die Welt ne croit pas que la Russie soit vraiment intéressée à un succès des négociations: "Une fois de plus, des discussions entre Washington et Moscou sont censées aboutir à un armistice en Syrie ou au moins à un arrêt des cruels bombardements sur Alep. Mais, rappelle le journal, au cours des derniers mois, Moscou et Damas ont régulièrement rompu des „cessez-le-feu". Chaque pause a été suivie par un bombardement encore plus massif de la population civile. Il est clair que le Kremlin considère les négociations comme une manœuvre de diversion pour faire patienter l’Occident tandis qu’il poursuit son objectif de manière implacable, à savoir: non pas trouver une solution de paix durable et équitable pour la Syrie, mais détruire totalement l’opposition syrienne et effacer toute influence américaine et occidentale dans ce pays- comme, à plus longue échéance, dans toute la région …"
Le quotidien berlinois Berliner Zeitung résume: "Les Etats-Unis sont actuellement impuissants et Moscou s’en réjouit. Le Kremlin a prouvé au monde entier que sans la Russie, la paix en Syrie n’est pas possible. Moscou doit aussi faire attention à ne pas démontrer que même avec la Russie, la paix n‘est pas possible non plus !"
Un suicide fait l'objet d'une polémique
Un autre thème continue d’occuper les éditorialistes et d’alimenter la polémique: le suicide en prison, la semaine dernière, de Jaber al-Bakr, islamiste syrien soupçonné d’avoir planifié un attentat terroriste à Berlin...
"Aussi désastreux que soit le suicide de Jaber al-Bakr pour les enquêteurs qui ont perdu ainsi une source d’informations, cela devrait lancer un important débat. Celui de la question du traitement, par le système judiciaire allemand, des personnes susceptibles de se suicider, écrit la Süddeutsche Zeitung. Qu’il s’agisse de terroristes présumés ou de prisonniers "ordinaires"; car chaque semaine en Allemagne, un ou deux prisonniers se suicident. Ainsi, depuis l’an 2000, plus de 1.200 détenus ont mis fin à leurs jours alors qu’ils se trouvaient en détention sous la responsabilité de l’Etat, souligne le journal de Munich. Une maison d’arrêt doit se soucier de ses détenus, de tous ses détenus quels qu’ils soient!"… Il est urgent que la justice allemande se soucie de la question!", conclut la Süddeutsche.