Wulff contre Gauck, un faux duel ?
29 juin 2010Die Welt
évoque la dernière ligne droite de la campagne de Christian Wulff. Le candidat présenté par la coalition d'Angela Merkel a invité une centaine des délégués désignés par les conservateurs et les libéraux pour le vote de demain, afin de rallier à lui ceux qui seraient tentés de choisir son adversaire de l'opposition Joachim Gauck. Celui-ci est en effet populaire dans l'est de l'Allemagne, dont il est originaire, et des délégués libéraux de Saxe ont laissé entendre qu'ils voteraient pour lui. Dans un encart, le quotidien nous apprend d'ailleurs qui va élire le président : 1244 personnes en tout, dont les 622 députés du Bundestag et le même nombre de délégués, parmi lesquels des responsables politiques régionaux mais aussi des personnalités du monde artistique, sportif et scientifique.Pour répondre à ceux qui réclament un changement dans le mode d'élection du président, la Berliner Morgenpost prend position pour un maintien du système en l'état. Les deux candidats, hommes de grande expérience, passionnés et raisonnables, sont en mesure de convaincre l'assemblée fédérale, sans hausser le ton et en se témoignant un respect mutuel. Qu'en serait-il avec une élection au suffrage direct ? Selon le journal, on risquerait alors de voir triompher le populisme.
La Süddeutsche Zeitung ne se fait pas d'illusion quant à l'issue du vote, qui devrait désigner Christian Wulff comme successeur du président démissionnaire Horst Köhler. Mais souligne que le peuple allemand, lui, aurait préféré Joachim Gauck. Dans le fond, souligne le journal, Angela Merkel est bien plus proche du candidat de l'opposition que du sien. Mais le choix du président est toujours le résultat de jeux politiciens. Au final, conclut la SZ, même si Wulff réussit à être élu, cela ne renforcera pas la chancelière qui se retrouve de plus en plus isolée au sein de son propre camp.
La Frankfurter Allgemeine Zeitung consacre elle aussi une large place aux deux candidats. Sur sa Une, le journal ose un parallèle entre la Coupe du monde de football et le président fédéral en écrivant : « lorsqu'un grand événement sportif anime le monde, les Allemands n'ont pas de mal à s'unir. En temps normal, cette tâche difficile échoit au président. » A noter qu'à l'instar de ses confrères de la presse quotidienne, la FAZ n'a pas jugé nécessaire de dresser le portrait de Lukrezia Jochimsen, la candidate présentée par l'extrême-gauche.
Auteur : Anne Le Touzé
Edition : Elisabeth Cadot